Prière d’un laïc pour son curé

Combien de gens prient pour leur curé ?
Le prêtre est au service de la communauté, mais il doit aussi être
soutenu par elle. Il a besoin de la prière, de l’amitié et de la collaboration
de tous.
« Tout d’abord, Seigneur, nous te
remercions de ce que ces hommes ont accepté de devenir nos curés. Si par hasard
ils avaient préféré un métier, une épouse et un foyer, nous serions bien
ennuyés.
Merci mon Dieu, de leur avoir
donné le courage de se mettre à ton service et au nôtre. Grâce à eux, nous
pouvons jouir de ta Présence et mourir en paix.
Merci, Seigneur, pour les défauts
de nos curés : des gens parfaits supportent mal la faiblesse ; des gens bien
portants méprisent les petites natures. Seigneur, tu as mieux calculé que nous
!
Et maintenant, nous te prions
pour le ministère de nos curés. Fais que, s’ils réussissent, ils ne triomphent
pas et que, s’ils échouent, ils ne se découragent pas. Ton Règne n’est ni dans
le succès ni dans l’échec :
il est dans l’amour. Garde nos
curés dans ton amour !
Nos curés doivent être des
phénomènes : pédagogues avertis, spécialistes des questions du foyer, champions
de science et de délicatesse au confessionnal.
En visite chez les gens cultivés,
il leur faut discuter correctement du dernier roman à la mode sous peine de
passer pour de gros lourdauds ; avec les paysans, il faut connaître les
questions agricoles et les autres. J’oubliais, Seigneur, que, dans la rue, ils
doivent répondre à tous les saluts sans avoir cependant des yeux à facettes
comme certains insectes et que, le dimanche, il leur faut être orateur,
chanteurs, musiciens et pas mal d’autres choses.
Fais, Seigneur, que nous jugions
ces spécialistes universels avec indulgence. Si notre curé réussit le quart de
toutes ces spécialités, fais que nous soyons satisfaits !
Donne-moi, Seigneur, la grâce
d’être charitable pour mon curé. S’il fait des réunions de femmes, que je
n’aille pas répéter que le curé est gouverné par le sexe dit faible ; s’il est
gros, qu’il fait la bombe ; s’il est maigre, qu’il est rongé par le remords.
Donne-moi de lui témoigner délicatesse et garde ton prêtre dans la joie. Amen ! »
Extraits de ‘Paraboles d’un
curé de campagne’ du Père Pierre Trevet